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Posté le Lundi 01 octobre 2007 @ 18:52:25
par : Dom
UTMB 2007

Arrivée Chamonix lundi 17 août 2007…

 
Après un petit coucou de 2 jours à Clermont-Ferrand, pour saluer Bernard El Fondatore et sa miss, nous débarquons, chargés comme des mules, avec tout le nécessaire pour un camping de 5 jours…Il pleut des cordes et nous optons finalement pour une chambre d’hôtel, au 4ème étage sans ascenseur, sans douches, avec WC sur le palier et cloisons en feuilles de riz …


Cham la branchée est en fête…Partout des prix canons pour des tenues, des frontales, des runnings…Ben justement, la paire de Salomon est en promo…JC s’aperçoit soudain que celles qu’il a apportées sont usées, sans trop d’amorti. C’est le moment d’en changer.  Quelques randos pour les « faire » et ça ira…Ben voyons !!!
Dès le lendemain, nous voilà partis au Plan Praz (1900m), au pas de charge car il a des endorphines à revendre, le bougre. Et d'ailleurs, j’entends des choses délirantes, du style : « On voit qu’il fait souvent froid ici, même les oiseaux ont de la fourrure… ». Mais je suis depuis longtemps habituée aux dommages collatéraux liés à la pratique de l'ultrafond...

 
Mercredi nouvelle petite balade au col du Brévent (2500m) et descente infernale sous une pluie battante…Nouvelles shoes+rando en montagne = sanction immédiate : Notre traileur ressent une vilaine douleur au mollet, à J-2 de la course, et il en est fort contrarié…
 
Jeudi repos (ouf !). Retrait des dossards. Nous tombons avec plaisir sur Jean-Pierre Poidevin, organisateur du raid Dogon,  qui  est venu donner un coup de main pour l’UTMB , mais qui oeuvrera sur la « petite » course. Ah oui, c’est la question qui tue ici… »Vous  allez faire quelle  course ? La petite ou la grande ? » Quand on sait que la « petite » en question fait quand même 86 km… !!!
 

Vendredi 21

Nous quittons notre hôtel pour aller planter la tente au terrain de camping où nous avons réservé un bungalow à compter du lendemain, à environ 5 km du centre ville. …Tout ce barda trimballé pour une unique nuit sous la tente, et pour moi seule en plus !!!
 
Retour à Chamonix : Il faut déposer les sacs pour les 2 gros points de ravitaillement : Courmayeur au km77 et Champeix au km122….Après moult tergiversations, JC doit décider, en fonction de l’heure à laquelle il prévoit d’arriver, ce qu’il mettra dedans : Vêtements de rechange, alimentation,  boisson…
 
Le départ est donné aux alentours de 18h40. L’ambiance est survoltée, indescriptible, digne des départs des plus grands marathons. Les rues sont noires de monde. Clochettes, crécelles, encouragements incessants…Je me suis inscrite, contre la modique somme de 10€, à l’alerte SMS qui devrait m’indiquer le passage de mon coureur à tous les points de contrôle. Puis j’ai dû verser encore 20€, en râlant je le reconnais, pour avoir le droit d’emprunter à volonté les navettes mises à la disposition des accompagnateurs, et tenter de suivre la course. 

Les premiers km serviront de  période d’observation pour un JC à l’écoute de son mollet, le gros souci du moment. Prudence. Il sait qu’avant St Gervais (km 20) il aura une grosse descente de 6 km environ. Il utilise ses bâtons « démontables « Raidlight dès le début, dans les côtes comme dans les descentes. La nuit est tombée. Arrivée à St Gervais dans une ambiance toujours aussi délirante. Quelques coureurs abandonnent déjà, souvent sur blessure. Je scrute le flôt incessant (ils étaient 2300 au départ) dans l’espoir d’y trouver JC, l’appareil photo prêt à crépiter. Le temps passe, je me demande s’il n’ a pas eu un problème…Puis mon téléphone résonne…Le SMS m’indique, avec 30mn de retard, que mon coureur vient de quitter St Gervais. Hou que je suis en colère !!! Je regagne la navette en boudant, file au camping par un des bus municipaux  gratuits mis à disposition des touristes pour toute la durée de leur séjour (mesure qui n’a rien à voir avec la course), et je passe une nuit glaciale, sans sommeil…
 
Pendant ce temps, là, il court, il court le Touareg. Le mollet va bien. Il passe les Contamines (KM30) à 0h09, avec à peu près 40 mn d’avance sur la barrière horaire. C’est peu mais ça ne l’inquiète pas. Il se sent bien.
 
8 km plus loin, c’est la Balme qui culmine à 1706m. Le chemin est parsemé de petites lumières bleutées. En les longeant, il se retourne et contemple une procession de frontales serpentant les unes dernières les autres. Vision féerique…Il avale vite fait une petite soupe bien chaude et repart direction le col du Bonhomme (km 41,700, à 2329m).Il se dit avec satisfaction qu’il a déjà couru pratiquement un marathon. Il est environ 2h30 et à sa grande surprise, il entend puis découvre 3 supporters chaudement vêtus, et apparemment bien hydratés au vin chaud, munis de cloches à vaches, qui se manifestent bruyamment à l’approche des coureurs.
 
Passage au Chapieux (km48,900, 1549m) à 4h46. La barrière horaire est à 6h30. Il a de la marge. Le ciel est magnifiquement étoilé, du beau temps à venir est prévu. Il court en corsaire et T shirt et s’est couvert les bras avec ses fameux manchons amovibles qu’il peut relever ou abaisser selon le besoin.  Suivent 4,5 km de macadam en côte. Il récupère en marchant d’un pas vigoureux. Le jour pointe. Il attaque le col de la Seigne (km59, 2516m). Les écarts se creusent. Il règne un grand silence parmi les coureurs. Passage de la frontière italienne (il s’en aperçoit dira-t-il,  à l’accent des oiseaux !). La végétation se fait plus rare. Descente sur le refuge Elisabetha (km63, 2200m) et ravitaillement. Il est 7h52. La barrière horaire est bien loin, fixée à 10h00. Pas de café, une bonne soupe aux haricots fera l’affaire.  Il remplit ses gourdes. Plus il avance dans la course, plus il a l’impression que les ravitaillements ressemblent à des mouroirs. Et le pire est à venir…
 
10h50. Courmayeur, km77 (1190m). C’est  la mi-course et la chaleur est terrible. Beaucoup de coureurs vont abandonner. Jean-Claude récupère son sac. Il se sent très bien. Depuis le départ de la course, il a déjà gagné 200 places au scratch. Il ne prend pas de vêtements de rechange, il boit 3 cocas d’affilée, ajuste son sac….
 
Pendant ce temps là, la navette grâce à laquelle j’espère pouvoir le rejoindre est bloquée dans un énorme embouteillage qui attend de pouvoir franchir le tunnel du Mont-Blanc. Je ronge mon frein. Au bout d’une bonne demi heure, l’autobus peut enfin franchir la frontière italienne. Je lance des incantations muettes pour que mon téléphone  ne sonne pas. Pourtant, à quelques km de Courmayeur, comme je le redoutais, un SMS s’affiche : Le dossard 2333 vient de repartir…Bon ben, juste le temps d’arriver, et moi aussi je repars…
 
La traversée de Courmayeur est usante. Du macadam, des escaliers…Un peu de monde mais ça n’a rien à voir avec l’ambiance du départ à Chamonix.
Refuge de Bertone, km 81,300…4 km d’enfer. JC a un gros coup de mou. Il fait très chaud, il n’a plus de jambes. Il prend néanmoins son mal en patience, certain que ça va passer. Il boit beaucoup. Puis le chemin devient roulant et le panorama magnifique avec une vue sur le mont-Blanc et les grandes Jorasses. Juste ce qu’il faut pour reprendre du poil de la bête. Le sentier se rétrécit, doubler un coureur constitue une réelle prise de risque car certains ne réagissent plus du tout, trop épuisés pour s’écarter…
 
Arrivée à Arnuva, km 93,600 (1769m). Il est 15h21. Barrière horaire : 19h00. Tout va bien. Les cuisses sont devenues un peu douloureuses mais le mollet se fait toujours oublier. Le principal est de continuer à s’alimenter et à s’hydrater régulièrement. Direction le Grand Col Ferret, à 2537m, au km 98 qui sera le point culminant de la course. Pas de côtes très raides mais un chemin qui serpente longuement. Il faut rester patient. Heureusement, le soleil commence à décliner. JC croise de nombreux randonneurs. Il est désormais en Suisse. Une fois le col franchi, il y a 17 km de descente tout schuss jusqu’à Priz de Fort (1151m). La fatigue commence à se faire sentir ( !) et il se dit que la 2ème nuit va être dure. La remontée sur Champeix ( km 122 ) lui semble interminable bien que longue de seulement 7 km.  Il est 20h50 et il en a plein les pattes. C’est le second gros ravitaillement, tout est orchestré, organisé à la Suisse. Pas de variante possible. Et le tout avec l’accent du cru. JC troque son t-shirt contre un maillot à manches longues, fait le plein du camel back, s’alimente d’un sandwich « Tuc-fromage-saucisson sec »  aspergé de coca-cola, dépose son sac à la consigne et repart sous les encouragements du public.
Moi, je suis dans la navette, et je l’ai encore raté…
 
La nuit est tombée, il fait très frais. Direction Bovine qui remonte à 1987m. Il marche, puis doit grimper dans les rochers, franchir de petites cascades en évitant autant que possible de trop se mouiller les pieds. Il est complètement seul. Soudain il fait un bond : Devant lui un énorme lézard d’environ 1,50m remue doucement dans les rochers.  Il se ressaisit, regarde mieux, et réalise qu’il s’agit en fait d’une grosse branche cassée, garnie de feuillage et agitée par le vent. C’est une hallucination  due au manque de sommeil, comme il l’a déjà vécu  en Jordanie. Certains coureurs sont sujets au mur du 30ème km, lui c’est à  la vision de la 30ème heure !!!
Petite pause à Bovine. Il prend le temps de s’asseoir et de boire un café, puis repart en trottinant jusqu’à Trient, au km 138, où Ô surprise, son accompagnatrice l’attend depuis quelques heures.
 
Il est  1h40 et visiblement les autochtones ne carburent pas à l’Isostar. L’ambiance est très chaude sous la tente malgré les courants d’air glacés qu’il leur a fallu combattre à coup de raclette, vin blanc et canettes de bière.
Le speaker, qui est également  DJ des bals de villages,  commence à confondre ses 2 fonctions et durant mes longues heures d’attente, j’aurai le droit à une rétrospective parfois chantée (si on peut appeler ça comme ça), voire dansée de tous les tubes qui, dans les années 70/80,  m’ont souvent fait frôler la crise de nerf : Abba, Johnny, Rubettes, Sardou, Sheila, Mike Brandt et compagnie …Je me dis que je passe vraiment un week-end de m… lorsque arrive enfin mon coureur, les traits tirés mais souriant...  PHOTO :      
                                             
                                   
                                             

Le ravitaillement ne l’inspire pas, mais c’est dur de devoir repartir. Les muscles sont devenus douloureux.  Il sait maintenant que lorsque les points de contrôles sont nichés dans une vallée, cela signifie qu’il va falloir grimper à nouveau…Effectivement il lui faut maintenant remonter vers la frontière franco-suisse, à 1745m. Il avale 2 tubes de Red Tonic qui lui apportent un coup de fouet. Il se rafraîchit le visage dans les fontaines qu’il trouve ça et là, fait ruisseler l’eau glacée dans son dos pour se maintenir éveillé.

Depuis un petit moment, il double les mêmes coureurs, qui le redoublent ensuite, mais toujours sans dire un mot. Chacun est dans sa course, trop fatigué pour discuter.
 
Descente sur Vallorcine, atteinte à 4h55. Nouveau sandwich Tuc-fromage (sans saucisson cette fois). Plus que 30 km, il faut s’accrocher. Dernier col à franchir, le col des Montets à 1461m,  sur macadam, aucune difficulté. Puis descente sur Argentière, il est 6h30 et ça sent l’écurie. JC se rafraîchit de plus en plus souvent car il commence à avoir des problèmes d’équilibre, après plus de 36h de course.
 
Il apprend par une bénévole qu’il n’y a plus aucune difficulté à venir, le profil dit-elle est descendant, juste une ou deux petites bosses…S’il n’avait pas été aussi fatigué, il aurait fait demi-tour pour l’étrangler, la menteuse, car pour atteindre le dénivelé annoncé, il va falloir encore monter 200m, puis descendre 400m, et ce aux portes de Chamonix . Il tourne donc comme un hamster, ce qui après plus de 150km de course est pour le moins agaçant. Il en profite pour doubler une dizaine de coureurs qui sont au bout du rouleau malgré l’arrivée toute proche..
 
8h11, Jean-Claude franchit la ligne d’arrivée après 37h37 de course. Il n’a plus qu’une seule envie.. Dormir ? Non … Manger un énorme sandwich (sans Tuc) arrosé d’un demi de bière, ce qui sera chose faite quelques minutes plus tard. 
 
                                                   
 

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